En bref
Les bouloches sont normales sur la laine et fréquentes sur l’acrylique et le polyester : elles ne prouvent pas un vêtement raté. Pour enlever les bouloches, rasoir ou peigne à plat, avec modération, car chaque passage retire un peu de matière. Moins de frottements et un lavage doux les limitent.
Ce qu’est une bouloche, comment l’enlever, comment la limiter, puis ce que l’étiquette en dit.
Ce qu’est une bouloche
Une bouloche, c’est une petite boule de fibres, cousine des peluches : des fibres courtes sortent du fil sous l’effet du frottement, puis s’emmêlent à la surface du tricot. Elle apparaît là où le vêtement subit des frottements : aux aisselles, sur les manches, à l’épaule qui porte le sac.
Où se trouvent les vôtres ? Sous la bandoulière, c’est le sac. Sur tout le pull dès le premier lavage, c’est plutôt la fibre et la maille. Un pull neuf qui bouloche n’est pas forcément de mauvaise qualité : s’il bouloche partout dès la première journée, le retour se discute avec le vendeur.
Les enlever sans user la maille
On travaille toujours sur le vêtement posé à plat, tissu tendu, sans appuyer.
| Outil | Pour quoi | Limite |
|---|---|---|
| Rasoir anti-bouloches électrique | Grandes surfaces, manteaux, pulls épais | Coupe aussi les fibres qui dépassent sans être emmêlées |
| Peigne à bouloches | Laine et cachemire, zones précises | Plus lent |
| Rasoir de sûreté | Tricots à maille serrée | Risque d’accroc sur une maille lâche |
| Ciseaux | Quelques bouloches isolées, vêtement fin | Long sur une grande surface |
La vidéo ci-dessous montre le geste au rasoir, et le dit franchement : plus on rase, plus les fibres s’affinent et plus le tricot se fragilise.
Notre avis : on rase le moins souvent possible, et seulement les zones qui en ont besoin. Pas de rasoir sur le mohair, l’angora ou un cachemire très fin : le peigne, ou les ciseaux bouloche par bouloche.
Les limiter au lavage et au porter
Pour éviter les bouloches, l’entretien compte autant que la qualité du fil : le frottement les fait, tout ce qui le réduit les retarde.
- laver le pull à l’envers, sur un cycle délicat, avec une lessive douce, sans surcharger le tambour (pour la laine fine, voir les réglages pour laver un pull en cachemire) ;
- éviter le sèche-linge, qui frotte et qui rétrécit (ce qui se rattrape sur un pull qui a rétréci est limité) : la laine sèche à plat ;
- changer d’épaule pour le sac, ou porter une veste par-dessus.
Ce que l’étiquette en dit
Les fibres courtes boulochent plus que les fibres longues, et une maille serrée retient mieux ses fibres qu’une maille lâche. Les fibres synthétiques, acrylique et polyester en tête, sont réputées boulocher davantage. Les fibres naturelles, laine, mérinos ou cachemire, boulochent aussi : c’est la nature de la fibre. Un mélange de fibres n’y échappe pas.
Il existe pourtant une mesure. La norme ISO 12945-2, révisée en 2020, décrit un essai sur un appareil Martindale modifié qui frotte l’étoffe pour évaluer sa tendance au boulochage ; la partie 4 de la même norme fixe l’évaluation visuelle du résultat. Ce résultat figure rarement sur une fiche produit. Sans lui, on ne dispose que de la composition et de la main de la maille.
Un pull mêlé d’acrylique n’échappe pas au boulochage, quelle que soit la part indiquée. Le mot « premium » sur l’étiquette, lui, ne frotte contre rien.
Avant de racheter
- lire la composition : une fibre longue et une part de synthétique faible limitent le boulochage ;
- tâter la maille : serrée et ferme plutôt que lâche et duveteuse ;
- demander au vendeur s’il dispose d’un résultat d’essai de boulochage ;
- prévoir un peigne plutôt qu’un rasoir pour la laine fine.
Sources
- ISO 12945-2:2020, « Textiles, détermination de la propension des étoffes à l’ébouriffage, au boulochage ou au moutonnement en surface, partie 2 : méthode Martindale modifiée », octobre 2020
- ISO 12945-4:2020, « Partie 4 : évaluation visuelle du boulochage, de l’ébouriffage et du moutonnement »
