En bref
Un ourlet de pantalon se mesure pantalon enfilé, avec les chaussures qu’il accompagnera, sur les deux jambes. On laisse 3 à 4 cm de marge, on replie en double pli, on repasse, puis on coud au point droit à la machine ou à la main. Le ruban thermocollant, lui, ne convient qu’aux tissus dont l’étiquette accepte un fer chaud.
La mesure d’abord, puis la marge et le double pli, les trois méthodes selon le tissu, le cas du jean, et les erreurs qui font vriller un ourlet.
Prendre la bonne longueur
La longueur se décide aux pieds, pas sur la table. Enfilez le pantalon avec la ceinture à sa hauteur habituelle et les chaussures que vous porterez avec lui : un escarpin de 7 cm et une basket plate ne demandent pas le même ourlet.
Repliez le bas vers l’intérieur jusqu’à la longueur voulue et épinglez, devant un miroir. Sur un pantalon droit, le bas effleure le dessus de la chaussure avec une légère cassure, ce petit pli horizontal à l’avant ; sur un pantalon large, il frôle le sol avec les talons prévus ; sur un slim, il s’arrête à la cheville, sans cassure.
Mesurez ensuite chaque jambe séparément. Les deux ne sont pas toujours identiques, ni les vôtres ni celles du pantalon, et un écart de 1 cm se voit une fois l’ourlet cousu. Longueur de jambe relevée à droite et à gauche ? Notez les deux.
Un pantalon neuf en coton se lave avant d’être raccourci. Il peut rétrécir au premier lavage, et un ourlet parfait au millimètre devient alors un pantalon trop court.
La marge et le double pli
La marge, c’est le tissu gardé sous la ligne de pliure pour former l’ourlet. Sur un pantalon, 3 à 4 cm suffisent : 1 cm pour le premier rentré, qui cache le bord coupé, et 3 cm pour l’ourlet lui-même.
- Retourner le pantalon sur l’envers et repasser le pli marqué par les épingles : c’est la ligne de pliure finale.
- Tracer à la craie de tailleur une ligne parallèle à 4 cm sous ce pli, tout autour de la jambe.
- Couper le surplus au-delà de cette ligne, sans prendre le tissu de l’autre face.
- Replier 1 cm vers l’intérieur et repasser, puis replier une seconde fois sur la ligne de pliure et repasser encore.
- Épingler perpendiculairement au bord, ou faucher un point de bâti, ces grands points provisoires qui tiennent mieux que les épingles quand on débute.
Exemple construit : un pantalon à raccourcir de 6 cm. La ligne de pliure se place 6 cm au-dessus de l’ancien bas, la ligne de coupe 4 cm sous elle, et il reste 2 cm de tissu à retirer. Le fer à repasser fait la moitié du travail.
Trois méthodes selon le tissu
| Méthode | Pour quel tissu | Ce que ça donne |
|---|---|---|
| Machine, point droit | Coton, toile, jean, laine épaisse | Couture visible à l’endroit, solide |
| À la main, point invisible | Pantalon de tailleur, tissu fluide, laine fine | Presque rien ne se voit à l’endroit |
| Ruban thermocollant | Tissus qui supportent un fer chaud | Rapide, sans couture, moins durable au lavage |
À la machine
Fil assorti, point droit un peu plus long que la normale, et le bord de l’ourlet aligné sur le repère du pied de biche. Cousez depuis l’envers, près du bord du premier rentré, en retirant les épingles avant que l’aiguille ne les atteigne. Un point d’arrêt au départ et à l’arrivée.
À la main
Le point invisible prend un ou deux fils seulement du tissu de l’endroit, puis glisse dans le pli de l’ourlet. Des points réguliers et espacés, un fil non tiré à l’excès : trop tendu, il fronce le bas du pantalon. C’est la méthode d’un pantalon de costume, et la plus lente.
Sans couture : le ruban thermocollant
Le ruban se glisse dans le pli et fond sous le fer. L’emballage promet un ourlet sans fil ni aiguille, ce qui veut dire : une colle qui demande de la chaleur, de la pression et le temps indiqué sur sa notice.
Relisez le symbole du fer sur l’étiquette avant d’acheter un ruban. Un point, c’est 110 °C au maximum, souvent sans vapeur : trop peu pour certains rubans, et un fer plus chaud marque ou fait briller un polyester. Deux points autorisent 150 °C, trois points 200 °C. Fer barré : pas de thermocollant.
Les clips d’ourlet des places de marché, eux, pincent le tissu replié. Un dépannage pour une soirée, pas un ourlet.
Le jean, tissu à part
Le denim est épais, et plus encore aux coutures latérales, où les couches de tissu se multiplient une fois l’ourlet replié en double. Une aiguille jean, plus forte, un point allongé et un passage lent à cet endroit évitent de casser l’aiguille ou de bloquer la machine. Aplatir ces coutures au fer, en appuyant, avant de coudre aide autant que l’aiguille.
L’ourlet d’origine d’un jean, avec sa couture épaisse et son délavage, se garde : on le remonte à la bonne hauteur et on le recoud au-dessus, puis on rabat le surplus à l’intérieur. La vidéo ci-dessous montre les deux méthodes, machine et main, puis celle de l’ourlet d’origine.
Pourquoi un ourlet vrille ou gondole
Un ourlet raté a presque toujours une cause simple :
- la ligne de coupe tracée pantalon à plat mais de travers, qui fait tourner le bas en le portant ;
- un pli non repassé, qui bouge sous le pied de biche ;
- un fil trop tendu à la main, qui fronce ;
- une marge trop large sur un pantalon évasé, dont le bas est plus large que la hauteur de l’ourlet : le surplus fait des vagues.
Sur un pantalon évasé, une marge réduite à 2 ou 3 cm évite ces vagues.
Mesurer deux fois, couper une fois
Chaussures aux pieds, deux jambes mesurées, pantalon lavé s’il est neuf en coton. Puis 4 cm de marge, un double pli repassé, et la méthode que le tissu accepte : machine pour le jean et la toile, main pour le tailleur, ruban seulement si l’étiquette autorise un fer chaud.
Sources
- écoconso, « Comprendre les symboles sur l’étiquette de lavage du linge », d’après les symboles d’entretien du Ginetex
